Métis

Ce projet présente quarante-six portraits en noir et blanc d’hommes et de femmes, dont le fil directeur visuel est le métissage. Ces photographies et ces témoignages sont le fruit d’un travail commencé il y a plusieurs années.

Métis, ce sont des visages photographiés au moyen format avec un appareil PENTAX 6X7 équipé d’un objectif 135 mm f/4 sur du film noir et blanc Kodak TX. Pas de numérique donc, mais le souhait de vous faire partager la matière du film et ses millions de grains, mélange magnifique qui flotte dans les cristaux d’argent.

Métis, ce sont quelques portraits qui font référence au métissage culturel. Tout comme le métissage génétique, notre culture est métissée. La musique, la peinture, l’architecture… La diversité des influences contribue effectivement à la richesse de la culture française.

Métis, ce sont tous ces regards qui mettent en valeur la diversité pour mieux combattre le racisme, le pire des fléaux. Chaque personne photographiée a répondu à cette question :

« Votre existence est le fruit de métissages : comment le vivez-vous ? Pourquoi ? »

Alexis DUCLOS Photographe

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Christine KELLY

Journaliste de télévision et écrivain

Née de père et de mère originaires de la Guadeloupe.

« Je suis très métissée. Dans ma famille, nous sommes le fruit d’un mélange d’Indiens, d’Africains, de Vietnamiens, de métropolitains… Je le vis comme une richesse. Quand je voyage, je sais que je suis citoyenne du monde à Cuba, en Égypte, aux États-Unis ; en revanche en France, souvent on me demande d’où je viens. Pourtant je suis simplement française. »

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Daniel PICOULY

Ecrivain

Né d’un père martiniquais et d’une mère française.

« […] Chaque matin, je verse le lait et le café dans mon bol, en les dosant de façon que le mélange soit exactement de la même couleur que le dos de ma main. Le lait, c’est la m’am et le café le p’pa. Chaque matin, je mélange le père et la mère à la petite cuillère.

Là, c’est plutôt de la couleur du p’pa. Il faut ajouter un peu de lait. Voilà ! j’ai la bonne teinte de peau : café au lait. »

Extrait du Champ de personne.

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Magali LEGER

Cantatrice, soprano lyrique léger

Née d’un père et d’une mère originaires de la Guadeloupe.

« Métis qui dirait mêlé (étymologiquement)?

Nous serions donc tous métis.

Métis qui dirait moitié (mestis)? Moitié d’un, moitié d’autre, croisement de deux “visiblement” différents?

Alors seuls certains d’entre nous le seraient. Mais il ne suffit pas de l’être, il faut aussi le paraître. Est métis aux yeux des autres celui dont le mélange est immédiatement détectable. Changeons les proportions, faisons basculer l’apparence d’un côté de l’un ou d’un côté de l’autre, et l’observateur, selon ses stéréotypes et sa culture, ne “voit” plus le métissage. 

Éternel décalage entre ce que l’on sait que l’on est et ce que les autres préfèrent que l’on soit. »

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Bertrand DICALE

Journaliste

Né d’un père guadeloupéen et d’une mère française − auvergnate.

« Je suis métis et je ne sais pas si c’est une chance ou une malchance. Mais je ne sais pas non plus si j’ai de la chance d’être un homme plutôt qu’une femme.

Pour ma part, je ne pense pas qu’être métis soit d’être un individu moitié-moitié.

Je suis totalement blanc et français, et totalement noir et guadeloupéen. Et totalement métis. C’est parfois douloureux. C’est parfois une jubilation. C’est toujours dense. »

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Sonia ROLLAND

Miss France 2000, comédienne

Née d’un père français et d’une mère rwandaise.

« Je me sens privilégiée d’être issue du métissage, car ma vision des choses me semble beaucoup plus large et tolérante, dans ce monde si divisé.

Il est vrai que l’on a souvent tenté de me faire choisir entre mes deux cultures, comme si on choisissait son camp, mais cela m’était impossible, me sentant incomprise. L’isolement fut longtemps un refuge.  Avec le temps, j’ai compris que ma force résidait dans le discernement.

L’exercice le plus périlleux, mais à la fois le plus exaltant, fut celui de ne retenir que le bon du mauvais de mes deux cultures. Je  ne me sens pas appartenir à une nation du passé, mais plus à une nation du devenir. Le métissage, c’est le respect des différences. Cela demande du courage et de la ténacité !

Mon rêve est que les humains d’aujourd’hui, quelles que soient leurs origines ou leurs confessions religieuses, puissent avoir l’intelligence de vivre avec une pensée métisse. Cela les sauvera certainement… »

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Fabrice D’ALMEIDA

Historien, journaliste, écrivain.

Né d’un père béninois et d’une mère française d’origine polonaise.

« Ma vision du métissage ? Un sketch de Luis Rego.

Cela commence comme une caricature de l’émission Des chiffres et des lettres. Le candidat est à l’épreuve des lettres deux fois d’affilée.

Le présentateur lui demande :

− Quelle lettre ?

− Une voyelle !

− E.

− Voyelle.

− E.

Huit fois la même question et la même réponse et toujours le e qui est tiré au sort. EEEEEEEE.

Question du présentateur :

− Alors votre solution ?

− Rien.

− Bon, essayons une nouvelle manche. Quelle lettre voulez-vous ?

− Une consonne.

− N.

− Consonne.

− N.

− Consonne.

− N.

− Vous ne voulez pas de voyelles ?

− Ah non, vous m’avez déjà eu la dernière fois !

Dans le métissage, seul le mélange produit du sens. Le métis doit ainsi éviter de rester figé dans une seule de ses identités, sinon, il risque de ne trouver aucune solution. »

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Jean-Marie PERIER
Photographe

Né d’un père originaire de Guyane et d’une mère française. Son père adoptif est le comédien François Périer.

« On ne demande pas au clavier d’un piano de n’avoir qu’une couleur. Alors on fait la musique que l’on peut. »

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Jacques VERGES

Avocat, écrivain

Né d’un père réunionnais et d’une mère vietnamienne avec des ascendances française et malgache.

                  « Je suis double. »

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Laura FLESSEL-COLOVIC

Ancienne escrimeuse,  spécialiste de l’épée, quintuple médaillée olympique, six fois championne du monde et une fois championne d’Europe. Ministre des sports en 2017 et 2018

Née d’un père et d’une mère originaires de la Guadeloupe.

« Mes aïeux ont vécu l’esclavage, j’ai connu le racisme à mon arrivée en métropole. Ma couleur de peau était un problème pour beaucoup de mes coéquipières. J’en ai donc fait un étendard, j’y ai puisé des forces jusqu’à imposer mon empreinte ! En gagnant, j’ai cessé d’être la noire, je suis devenue la Française. Avec la notoriété, ma couleur s’est estompée aux yeux de beaucoup. Pourtant, je suis toujours la fille des îles qui rêvait d’or olympique. Puis, j’ai épousé un Croate. Ensemble, nous avons fait une magnifique métisse. Le métissage est l’avenir de l’humanité… »

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Patrick BOUCHITEY

Comédien

« Mon arrière-arrière-grand-mère était russe. Venant de Mongolie, elle était ravissante, belle et majestueuse. Elle rencontra à Carthage au bord de la Méditerranée un aventurier de sang arabe, joueur invétéré. Après un voyage dans le désert de Libye, ils s’aimèrent à Alexandrie et partirent pour les Indes puis les Caraïbes et enfin la Bolivie. Ensuite, ils se fixèrent à Cuba. Un siècle plus tard, la famille s’installa dans le sud de la France… à Nîmes. »

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Barbara BUI

Créateur de mode

Née de père vietnamien et de mère française.

« Je vis mon métissage non comme une différence, mais plutôt comme une particularité.

Être née avec cette particularité a certainement été un moteur dans ma vie, qui m’a poussée à ce travail de réalisation et d’expression personnelle, comme pour assumer ce non-conformisme présent depuis ma plus tendre enfance. »

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Pascal LÉGITIMUS

Comédien

Né d’un père antillais et d’une mère française d’origine arménienne.

« Je suis métis comme Yannick Noah, sauf que moi je porte des chaussures. »

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Émilie TRAN  NGUYEN

Journaliste de télévision

Née d’un père français d’origine vietnamienne et d’une mère française d’origine algérienne.

« Mon grand-père algérien me cuisine souvent du riz, croyant me faire plaisir… Ma grand-mère vietnamienne a appris à cuisiner le couscous. L’une m’accroche à l’autre. L’autre m’accroche à l’une. Pourtant je ne me sens ni l’une ni l’autre. Ma particularité est d’être ce troisième type”. Cette autre. Mon tout. »

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Lionel ZINSOU

Économiste,  administrateur et président de sociétés

Premier ministre du Bénin en 2015.

Né d’un père béninois et d’une mère française.

« Être métis, c’est être un étranger partout.

Être métis africain, c’est être noir en Europe et blanc en Afrique.

Être métis, c’est ne pas ressembler à ses parents. Donc il faut ressembler à soi-même. »

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Christiane TAUBIRA

Femme politique

Garde des Sceaux, ministre de la Justice de mai 2012 à janvier 2016.

Née de parents originaires de Guyane.

 « C’est une mosaïque extraordinaire parce que nous avons en Guyane un village planétaire. Nous avons une reproduction pratiquement de la Terre entière. C’est toute notre histoire qui est comme ça. Notre histoire a commencé avec les migrations des Asiatiques […], ensuite ce fut la traite, l’esclavage. La traite elle-même a été un mélange de plusieurs ethnies d’Afrique. Ce que je peux vous dire, c’est que vous n’avez qu’à regarder mon faciès, je suis issue d’un mélange complètement infâme (elle sourit). C’est-à-dire que toutes les races et toutes les communautés de la Terre se sont rencontrées, et leur sang coule dans mes veines. […]

Nous sommes les Créoles, nous sommes une race indescriptible, c’est merveilleux. Nous sommes de l’Amazonie, nous sommes du plateau des Guyanes, nous sommes une différence géographique, nous sommes aussi une histoire, une culture qui s’est agrégée à travers le temps. »

En réponse à une question deJean-Pierre Elkabbach.

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Marie NDIAYE

Écrivain

Prix Femina en 2001 pour Rosie Carpe, et le prix Goncourt en 2009 pour Trois Femmes puissantes.

Née de père sénégalais et de mère française.

« En fait, je n’ai pas grand-chose à dire sur le métissage : c’est quelque chose qui regarde les autres (et qui, éventuellement, est un problème pour les autres) plus que moi. Mon histoire a fait que je n’ai qu’une culture. Mon métissage est donc uniquement physique, superficiel. Il n’a pas de réalité pour moi… »

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Jordan DUCLOS

Étudiant

Né d’un père français et d’une mère canadienne d’origine chinoise.

« Être métis, ce n’est pas toujours facile, mais je m’en moque, car ce sont les autres qui complexifient son évidence. »

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Claire Tran

Comédienne et danseuse 

Né d’un père vietnamien et d’une mère française.

« J’ai appris à aimer ma singularité, et à en faire une force. Mon métissage est le reflet de l’histoire de mes parents et de mes grands parents ; j’en suis particulièrement fière.

Il me permet de me souvenir d’où je viens et d’avoir toujours l’esprit et le coeur ouverts. »

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Mario FOURMY

Photographe

Né d’un père français et d’une mère martiniquaise.

« Le métissage, ce sont les autres, comme psychés, qui vous le signifient. En fonction des reflets, il est plus ou moins sensible sur mon corps et dans mon esprit. Ayant grandi avec ce métissage, sans le savoir, un peu comme Monsieur Jourdain et sa prose, on le découvre avec le temps, avec des propos, des regards des refus… Ce qui semblait naturel devient une réflexion politique. Dois-je le défendre, feindre de l’ignorer, ou simplement être heureux d’être parmi vous ? »

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David EL KENZ

Universitaire, historien, spécialiste des guerres de religion dans l’Europe du XVIe siècle.

Né d’un père algérien et d’une mère française d’origine roumaine.

« Mes origines multiples m’ont permis de choisir parmi cette diversité culturelle qui m’était offerte. »

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Alexandre REVEREND

Auteur, musicien

Né d’un père turc et d’une mère bretonne.

« Métis. Il arrive qu’on le devienne. On l’était avant, mais on ne pouvait pas en parler. Alors un jour, forcément ça ressort. Si en plus le goût du mélange circule dans nos veines, on s’acoquine avec une autre métisse et on quarteronne ses projets de nature. »

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Françoise VERGÈS

Écrivain, professeur d’université, directrice de musée à La Réunion.

Née d’un père réunionnais et d’une mère vietnamienne avec des ascendances française et malgache.

« Mon grand-père paternel fut renvoyé comme consul de France au royaume de Siam, car il avait épousé une Vietnamienne, une “niaque” et reconnut ses deux fils jumeaux, des bâtards, mon père et mon oncle. Cette histoire est au cœur de mon histoire familiale : l’amour, le refus d’un ordre injuste, une société crispée, mais qui ne peut empêcher la rencontre.

 Grandir métisse, c’est accepter la multiplicité des origines, s’intéresser à plusieurs mondes, savoir que la “pureté est une fermeture. Le métissage est aussi intellectuel, culturel : il dit l’échange, la rencontre, accepter l’inattendu, ne pas avoir peur, apprendre d’autres manières d’être, de penser, de faire. Le métissage a une longue histoire, riche et complexe, pleine de surprises qui mettent à mal les clichés. »

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le pdg de renault nissan photographie au salon de l auto a paris en 2015

Carlos GHOSN

PDG de Renault/Nissan

 Né d’un père libanais et d’une mère nigérienne d’origine libanaise.

 «  Au Liban, j’étais particulier puisque j’étais né au Brésil et que je parlais portugais. Je n’étais pas le Libanais “lambda”, né là-bas, éduqué au Liban et qui allait y travailler. Quand je suis venu en France, j’étais encore très particulier. Né au Brésil, venant du Liban, cela faisait un mélange déroutant par rapport au “taupin” moyen, qui habite dans le Ve arrondissement et qui va étudier à Saint-Louis. J’ai toujours été quelqu’un de différent. Je n’ai jamais vécu dans un endroit où je pouvais me dire que je faisais partie intégralement du groupe en étant comme tous les autres… En France, il y a beaucoup d’attraction pour ce qui est différent, beaucoup de curiosité, d’interrogation. On perçoit une grande curiosité à l’égard du monde, mais en même temps, une certaine fierté d’être français, d’avoir un mode de vie propre à la France. On ne cherche pas à ce que l’autre devienne identique, mais on aime bien qu’il s’intègre. C’est à la fois difficile et facile. Cela vous permet d’être vous-même tout en participant à la vie française. À l’École polytechnique, je savais que j’étais différent, et les autres le savaient aussi. »

Citoyen du monde, éd. Grasset.

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Olivier LAOUCHEZ

PDG de Trace TV

Né d’un père martiniquais et d’une mère métissée de Martinique et Madagascar.

« Né dans la banlieue parisienne, élevé en Martinique, diplômé à Paris, j’ai commencé ma carrière professionnelle en Indonésie pour ensuite revenir aux Antilles et enfin à Paris. J’ai successivement créé ATV puis Trace TV, deux télévisions profondément ouvertes au métissage culturel. Mon ADN est métis. C’est une formidable richesse qui me permet aujourd’hui de travailler avec plus de 100 pays différents ayant chacun une identitéforte. Accepter et comprendre ces différences et les intégrer, c’est vivre au quotidien le métissage qui est indissociable de notre société. »

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Mémona HINTERMANN

 Journaliste, écrivain.

Née d’un père indien et d’une mère créole d’ascendance bretonne.

« Métisse ? Enfant je ne me suis pas posé la question. J’avais d’autres priorités.

Surtout une : survivre à la pauvreté.

J’ai senti cette différence en quittant La Réunion où je suis née. À Paris, en province, j’ai compris que le mélange dans mes veines paraissait original… à d’autres. Je n’ai jamais pris les questions au sujet de mon origine comme une inquisition raciste. Je suis à l’aise avec moi-même. Ni honteuse ni fière mais décomplexée. Le métissage n’est pas une obligation imposée à la France du XXIe siècle : c’est un élément – partie intégrante de son histoire, de son identité. Une richesse oui, mais qui ne doit pas être présente aux autres comme telle ! »

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Vincent BYRD LE SAGE

Comédien

Né d’un père afro-américain et d’une mère française.

« Je suis né dans la Bretagne profonde, en 1961, d’une maman blanche et d’un père (noir) absent mais pas renié.

J’étais métis et fils de notable.

Chez moi tout le monde est blanc, mon papa, ma maman, mes frères et sœurs, et jamais dans toute ma famille, ne fut faite la moindre différence à mon encontre au titre de ma couleur. C’est le monde du dehors, et en premier chef l’école primaire − ah ! la douce innocence de l’enfance qui s’est chargée de me faire comprendre que le terme de nègre s’appliquait à ma personne. Moi, je me sentais d’ici, j’étais tout à fait d’ici, j’étais Vincent. Mais dans leurs regards, dans leur bouche, j’étais avant tout un noir, un négro.

Je danse le plinn, le laridé, l’andro et autres danses bretonnes. J’ai été élevé au lait Ribot, au son de Piaf, Ferré, Brassens. J’ai milité pour Dumont, premier prétendant écologiste à la présidence. J’ai manifesté en protestation contre la marée noire de l’Amoco Cadiz et trempé mes pieds dans la mélasse puante vomie par le Torrey Canyon en 67. Mes grands-mères me faisaient des crêpes, des galettes et des ris de veau en vol au vent avec en dessert, une incroyable charlotte aux abricots, que j’en pleure encore. J’ai vu mon premier Noir à la télévision. 

Pourtant, il y a toujours quelqu’un pour me lancer au fil d’une conversation anodine, un subtil : … Chez vous au moins vous avez beau temps…, voire un sibyllin : … Ah, vous, le rythme….

À l’instar d’un gros chez les maigres, d’un blond chez les bruns, d’un riche chez les pauvres, d’un petit chez les grands, ou, paradoxe des images, d’une ménagère de 50 ans chez celles qui le valent bien, j’ai avant tout été une apparence aux yeux de mes congénères. Je me suis senti proche des “Autres” : des filles dans un monde de mecs, des rêveurs dans un monde scientifique, des vieux dans un monde de jeunes… Vous n’êtes pas pareil ? Moi non plus.

Je suis las des faux-semblants des vraisemblances.

Après des décades de déclarations d’intention, il nous a fallu une loi pour commencer timidement à admettre les femmes sur la scène politique.

On est toujours la minorité de quelqu’un. »

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Marjorie PHILIBERT

Journaliste, écrivain

Née d’un père français et d’une mère française d’origine vietnamienne.

« L’histoire du monde est celle du métissage. Pour cette raison, je ne crois pas à une “identité” métisse, pas plus qu’à une identité gay ou féminine. Les dénominations ne reflètent souvent que le fantasme d’altérité de ceux qui les emploient. Aujourd’hui, on prône l’égalité en permanence, et en même temps on n’a jamais autant pointé du doigt la différence. Paradoxe hystérique qui génère un inconfort absolu chez ceux-là mêmes dont on célèbre la différence, sommés de représenter des valeurs universalistes à travers une histoire personnelle dont ils ignorent souvent à peu près tout. »

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Bô GAULTIER DE KERMOAL

Comédien, peintre

Né de père indien cherokee et de mère vietnamienne.

« Je viens de Mother Hearth.

Ma mère était citoyenne du monde. Mon père était citoyen du monde.

À mon tour je suis citoyen du monde, riche de toutes ces origines. Mon sang n’en est pas moins rouge, et ma tête dans les étoiles… »

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BESSORA

Auteur, écrivain

Née de père gabonais et de mère suisse d’ascendance allemande et polonaise.

« Métissage ? Le métissage, c’est ce à quoi on ne s’habitue pas. Lorsqu’il est culinaire, on le digère : on ne dit pas du cassoulet qu’il est le fruit du métissage. Le cassoulet, c’est digéré. Comme la tomate dans la pizza. Comme le chocolat. Comme le banana split.

Sorti des fruits et des légumes, on parle de métissage.

On en parle comme d’une jolie mode ou d’un bel avenir : le métissage, rassurons-nous, c’est pour demain. Pourtant, les Romains s’en donnaient déjà à cœur joie sur la route de la soie.

Sorti des végétaux, le métissage n’est pas digéré.

Il n’est même pas digeste. 

Les moteurs de l’Histoire carburent aux fantasmes de pureté. Pas de mixité. De la fixité. De la sédentarité. Des classes, des races, et des vaches bien gardées. Si possible dans des fermes aryennes ou rwandaises.

Le métissage, c’est ce à quoi l’on ne peut se résoudre : que le monde se dessine dans les couleurs croisées d’une grande boîte de crayons.

Les nuances d’une boîte de crayons de couleur, c’est trop compliqué.

Alors le métissage, c’est un truc, photogénique, bon pour la publicité où, rassurons-nous,  tout est pour de faux.

Oui… je suis un pur faux ! »

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Pascal VUONG

Architecte DPLG

Réalisateur – Producteur

 Né d’un père vietnamien et d’une mère française.

« Je me souviens, quand j’étais petit, du pied de notre immeuble du XXe arrondissement, il m’arrivait d’appeler ma mère pour qu’elle me réponde depuis notre balcon au quatrième  étage :

− Maman, on est des quoi, nous, déjà?

− Jean-Pierre et toi, vous êtes des Eurasiens, tu as entendu ? des Eur…Asiens !

Et en ajoutant ma touche personnelle, je répétais d’un ton docte au copain qui m’accompagnait :

Voilà, nous, on est des Eurasiens ; dans Eurasien, il y a Europe et Asie.

Bien sûr, mon frère et moi, on nous a traités de chinetoques et de citrons, mais sans doute davantage à cause de notre nom que de notre physique.

Étant assez peu typés, je n’ai pas eu beaucoup l’occasion de rétorquer ce qu’il m’avait appris, au cas où : Et toi, espèce de cachet d’aspirine, blanc-bec !

Plus tard, je me suis amusé à répondre que j’étais charento-vietnamien, ma mère étant née près d’Angoulême.

Et puis à l’âge de 22 ans, je suis allé pour la première fois au Viêt Nam, avec mon père.

Et là, en tout cas les premiers jours, peinant à distinguer mes nombreux cousins les uns des autres, ne pouvant m’exprimer et ne comprenant qu’un mot sur mille, j’ai compris à quel point j’étais européen, corps et âme.

Mais bien sûr quand je suis en Occident, et bien qu’elle ne soit que sous-jacente, c’est sûrement ma part “Asie” que mon entourage distingue le plus. »

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Audrey GIACOMINI

Comédienne

Née de père corse et de mère vietnamienne.

« Être métisse pour moi, c’est avoir plus de choix dans les recettes de famille, mélanger le vocabulaire en incluant des mots vietnamiens et des expressions du sud de la France.

C’est ne pas rester dans une communauté, être ouvert au partage. »

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Karl STOECKEL

Conseiller parlementaire

Ancien leader étudiant contre le contrat première embauche (CPE)

Né d’un père allemand et d’une mère d’origine malaisienne.

« Au-delà de l’apparence, le métissage cache souvent une expérience particulière de la vie, souvent enrichissante. Fruit de cultures différentes, il suscite souvent de la part des autres et de soi-même un intérêt pour ces différences. C’est en tout cas un avantage, car le métissage permet de prendre du recul sur soi-même et sur le monde, et de s’interroger

sur tous ces aspects. À vrai dire, je ne me considère pas [comme] très différent des non-métis dans mes rapports aux autres. »

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Anne YORO

Plasticienne

Née d’un père ivoirien et d’une mère française.

« Je suis née en 1965 à Paris. Ma mère est française, ashkénaze, d’origine polonaise et mon père est ivoirien,  de confession catholique.  Voilà pour le décor.

Moi je suis sortie de cette union, à carreaux noirs et blancs ou presque !

Bref, j’ai compris très tôt que le métissage était quelque chose de très conceptuel qui reflète la capacité d’une société à accepter ou non l’autre. Libre à chacun ensuite de jouer sa partition, pour se faire entendre, comprendre ou accepter.

 Cette pluralité, cette altérité, me permet d’observer les limites, les contradictions des uns et des autres.

La multiplicité culturelle semble difficile à appréhender pour beaucoup, surtout pour des personnes issues de cultures qui s’affrontent plus qu’elles ne se rapprochent réellement.

Beaucoup de métisses choisissent alors de se justifier de l’une ou l’autre de ces identités.

L’environnement décide pour eux quand ils n’ont pas la force ou le choix de s’affirmer.

L’enjeu majeur devient alors  l’expérience de l’unicité.

Alors métisse sage, ou pas sage vers une autre humanité ?

Je fais le pari d’une  vie pour un  monde plus ouvert,

car au fond nous sommes tous un peu  noir et blanc»

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Maïk DARAH

Comédienne et chanteuse

 Née d’une mère française et d’un père togolais.

 Délit de bronzage

« Fais attention l’été sur les plages

Fais attention à toi, tu vas dev’nir noir

Du noir que l’hiver tu dénigres

Pour un oui pour un non, comme un con

Mais t’as raison, toi t’as le choix

Blanc l’hiver, Noir l’été

Pour nous c’est noir, point barre

Jamais blanc, blanc comme neige

Pourtant la pureté a aussi la couleur de la nuit

C’est le cœur qui a raison

Le soleil doit briller pour tout le monde

Tu devrais respecter l’âme de l’homme

On est là que d’passage

Tous le droit d’vivre heureux

La mort est plus longue que la vie

Dégoûtant qu’elle devienne un chemin de croix

Parce que l’homme en a décidé autrement

Merci Maman, merci Papa

Vous mélanger m’a permis d’être là

Faites pareil et le monde sera beau

Il suffit juste un p’tit peu… d’amour

Juste un p’tit peu d’amour

Juste un petit peu, un petit peu

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Kelly LAFFIN

Journaliste de télévision

Née d’un père français et d’une mère chinoise et mauricienne.

« Mauricienne et chinoise du côté de ma mère, savoyarde du côté de mon père, j’ai le sentiment que ces trois cultures font partie de mon identité. 

Ce métissage, je le vois surtout comme une chance. Celle de voir le monde, la vie, la réussite, selon des points de vue très différents, et de ne pas avoir une vision monochrome de la réalité. C’est probablement ce qui m’a donné envie de sans cesse voyager, de découvrir la nature humaine sous toutes ses formes et donc de devenir journaliste. 

Au quotidien, c’est aussi ce qui m’aide à lutter contre les préjugés. Les différences représentent pour beaucoup des obstacles. Mais je me suis aperçue que mieux les comprendre est indispensable. Non pas pour enrichir son esprit, mais pour l’apaiser. Si ne plus s’embarrasser de la peur de l’autre est le secret du bonheur, le métissage est un petit coup de pouce à la naissance… »

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 Rachid M’BARKI

Journaliste de télévision

Né d’un père algérien, blanc et d’une mère marocaine, noire.

« Mon métissage, c’est le jour et la nuit quand l’aube rejoint le crépuscule, entre chien et loup. »

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Dominique SOPO

 Militant politique

Président de SOS Racisme

Né d’un père togolais et d’une mère française.

« Ni trouble ni malaise d’un entre-deux. Le métissage ne pose pas un défi à celle ou à celui qui en est le fruit. Il pose à ceux qui voudraient hiérarchiser la qualité des fruits de l’amour et de l’union un défi à leur capacité de tolérance. »

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Harlem DÉSIR

Homme politique

Né d’un père martiniquais et d’une mère française.

« Ne sommes-nous pas tous métis ? Il est vrai que pour moi, en particulier dans l’enfance, au moment où se construit notre personnalité, y compris dans le regard des autres, j’avais un fort sentiment, peut-être exagéré, que c’était une distinction, quelque chose qui m’appartenait en propre. J’avais un père noir et une mère blanche, cela me singularisait ; je le vivais comme une richesse, même si je n’ai jamais réduit mon identité à cette seule question. Ce n’était pas une obsession ni même une préoccupation, mais un fait, qui s’accompagnait du sentiment d’être porteur d’un double héritage, celui des deux branches de la famille, antillaise et métropolitaine, et peut-être, en raison de l’éducation et des valeurs de mes parents, d’une forme de devoir d’universalisme. Cela a-t-il joué un rôle plus tard dans mes engagements, mon parcours ? Sans aucun doute, même si ce ne fut pas toujours conscient.  Je crois que ce qui est plus visible pour certains est en fait vrai pour tous : d’une façon ou d’une autre, nous sommes tous métis. Chacun est singulier, unique et semblable à la fois. »

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Stany COPPET

Comédien

Né d’un père originaire de Guyane et d’une mère française.

« Comment pourrais-je rejeter l’autre lorsque je sais que cet autre fait partie de moi !

Aussi je vois le métissage comme une chance, un espoir de voir un jour le monde se libérer de ce fléau qu’est le racisme.

Je suis ni tout l’un ni tout l’autre, mais un ensemble.

Je suis le fils de la “trinité : Europe, Afrique, Amérique. »

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 Théo PHAN

Journaliste, animateur TV, auteur-compositeur-interprète

Né d’un père vietnamien et d’une mère française.

« On est tous des étrangers,

On vient tous de quelque part,

D’une lumière ou d’un regard,

On est tous de passage,

On vient tous du même voyage. »

Paroles extraites du titre Tous des étrangers 

de Théo PHAN.

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François GROSSI

Retraité

Loup solitaire

Né d’un père amérindien et d’une mère française.

« Je suis le fils d’un GI.  Mon père, cet Amérindien de l’Oklahoma, a connu ma mère lors de la Deuxième Guerre mondiale. N’ayant jamais connu ce père qui est reparti aux États-Unis, je me suis senti un peu orphelin. Il m’a beaucoup manqué. Aujourd’hui, je le ressens plus près de moi, surtout lorsque je revêts  mon costume d’Indien. Cet Indien (moi-même) a le nom de Loup solitaire, comme mon père qui était un combattant sauvant des vies dans notre pays, la France. 

Loup solitaire se donne pour mission de combattre les injustices. »

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Vanessa DOLMEN

Animatrice de télévision

Comédienne

Née d’un père martiniquais et d’une mère martiniquaise métissée de l’Inde.

« Le métissage fait partie de mon identité. Mon père est originaire de la Martinique, ma grand-mère était mulâtresse, aujourd’hui on dirait métisse. Ma mère est de la Martinique avec un sang mêlé venu de l’Inde.

Alors oui, j’ai hérité d’un sang métissé, mélangé, et j’en suis très fière. Mais le métissage, c’est aussi la culture que ma famille me transmet depuis toujours, moi qui suis née en Métropole. Je crois que c’est une source de richesses essentielle ! »

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Jann HALEXANDER

Musicien, comédien

Né d’un père gabonais et d’une mère française.

« Quand je dis je suis afro-européen, ce n’est pas pour la beauté des mots. C’est un fait. Je n’en tire aucune fierté, aucune honte. Je ne suis même pas sûr que ce soit une richesse. Cependant, le métissage, terme trop galvaudé, est la base de toute mon œuvre. C’est un outil formidable pour la création. Il m’arrive d’être noir, il m’arrive d’être blanc, mais en général il m’arrive d’être moi… »

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Claude RIBBE

 Ecrivain et réalisateur

 Né d’un père d’origine guadeloupéenne et d’une mère française.

« Je suis né à Paris en 1954. Mon père, un Français né à la Guadeloupe, est venu vivre à Paris à l’âge de 20 ans. Ma mère, une Française née dans la Creuse, s’était également établie à Paris. C’est là que mes parents se sont rencontrés. C’est Paris qui les a rapprochés. De ce fait, je me suis toujours senti parisien, mais aussi creusois − étant très attaché à la province de ma mère − bien qu’on me définisse souvent comme un  [homme]  originaire d’outre-mer, ce qui était surtout vrai de mon père. Je n’ai jamais considér=é mes parents en fonction de leur couleur de peau.

Et je n’ai jamais songé à me définir comme métis. Le mot métis, en France − d’après l’expérience que j’en ai − est principalement utilisé par des Français d’origine européenne qui cherchent à exprimer ainsi la couleur de peau d’un individu − souvent d’un enfant − pour dire que c’est un Afro-descendant.

Cette expression, empreinte d’un certain paternalisme, qui n’est pas toujours conscient, évoque notre passé colonial et esclavagiste et me semble plutôt déplaisante en ce qu’elle voudrait imposer un regard dominant. Tous les Français sont phénotypiquement différents, et il me semble qu’on ne parle pas de “métis” pour désigner celui dont un parent serait basque et l’autre normand.

L’idée de métissage peut en revanche avoir du sens pour exprimer le mélange des cultures, mais je n’ai pas le sentiment d’être issu de parents qui baignaient dans des cultures très différentes.

L’histoire de la famille de mon père était particulière, du fait du caractère destructeur de l’esclavage, mais je ne suis pas certain qu’il avait assumé cet épisode, forcément occulté par tout le monde. Je crois, pour ma part, avoir réussi à le faire et, partant, avoir aidé d’autres personnes à assumer l’histoire de leur famille. C’est une manière de lutter contre le racisme et la négrophobie qui sont souvent liés à une haine de soi subtilement instillée par le système colonial.   

Pour toutes ces raisons, le regard historique, philosophique, littéraire et artistique que je pose sur le racisme me semble servir l’idéal de fraternité qui sous-tend notre République. »

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Ingrid JACQUEMOD

Ancienne sportive de ski alpin

Née d’un père italien d’origine jamaïcaine et d’une mère anglaise d’origine autrichienne.

« Je suis très fière d’avoir un grand-père jamaïcain. Mais aussi une grand-mère autrichienne, une mère anglaise et un père italien !

L’héritage de ces différentes cultures est une véritable richesse pour moi, et c’est ce qui fait ma personnalité à part entière. 

Je me sens plus proche de la culture anglaise bien évidemment (de par ma mère), que de la culture jamaïcaine. Mais très tôt l’Angleterre a été la terre d’accueil de mon grand-père, Luther Wollaston, qui avait 30 ans lorsqu’il décida de monter à bord du bateau qui l’éloignerait à tout jamais de son île.

J’aime aller à la recherche de morceaux de son histoire, c’est comme reconstituer un morceau de mon histoire à moi, car je ne l’ai pas vraiment connu. Je ne l’ai rencontré qu’une seule fois à Birmingham, en Angleterre. »

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